dimanche 4 janvier 2015

Leçon n°9 : Défier Sherlock Holmes




Alors que je revenais d’une petite sortie avec mon frère, j’arrivais chez moi, jetais comme à mon habitude mon manteau sur le canapé avant d’y rechercher mon portable que j’avais laissé dans la poche. C’est à ma grande surprise que j’y trouvai une chose inhabituelle, que je n’avais jamais encore vue. Au fin fond de mon manteau se trouvait un petit pendentif en argent plaqué, représentant deux cœurs embobinés de rubans, liés l’un à l’autre. Je m’empressai de le retourner afin d'y trouver une quelconque inscription. GS bijouterie pouvait-on lire. Comme disait mon Tonton : "Le hasard n'existe pas !". Sherlock Holmes devait prendre possession de mon corps, l’enquête allait commencer! C'était un signe, mais de quoi ? C'est ce que j'allais découvrir !



J’enfilai mes plus belles bottes de caoutchouc pour affronter la pluie, mon bandeau d’hiver pour contrer les bourrasques de vents et mes gants pour surmonter le froid. J’y ajoutai une petite loupe en plastique que j’avais, un jour de pâques, gagnée dans un œuf surprise. J’étais prête, prête à trouver d’où provenait ce petit bijou. 
Il me fallait un Watson. C'était une évidence, Iphone était fait pour ce poste. Il se chargerait de m'indiquer l'adresse et de m’empêcher de me perdre. Travail qu'il fit à merveille lorsqu'il afficha, confiant : GS Boutique, 3 rue Marie Stuart, Paris 2.

Je fonçai, sortis à toute vitesse de mon petit appartement, m’engouffrai dans les sous-sols puants de Paris pour y attraper un métro. Le drame, lorsque, sur tous les panneaux étaient affichés un problème sur la ligne et qu’aucun train ne passait avant plusieurs heures. La prochaine fois, suicidez vous le Dimanche ! La vérité n'attendait pas, je prendrais le bus. Je dévalai les escaliers tel un marathonien, et, de nouveau dans la rue, aperçu au loin le bus qui devait m'amener à mon destin. Je couru, écharpe dans le visage, bonnet recouvrant mes yeux, bottes qui grinçaient à chaque foulée et flaques qui éclaboussaient mon jean trop serré. Au vol, j'entrai dans ce bus de l'enfer et montrai mon pass au chauffeur. "Faut pas courir ma petit dame, j'allais vous attendre" me lanca-t-il. "Menteur" voulais-je lui répondre, "tu ne m'as pas attendu lorsque, béquilles au bras, je te courrais après, à 5h du mat, la goulot de la bouteille de vin à la bouche, il y a quelques semaines" pensais-je. 

Je m'assis, profita du paysage gris et froid, et rapidement appuyai sur le bouton, demandant à descendre. Quelques minutes de marches me suffirent avant de me retrouver devant une petite boutique de bijoux, bien loin de la grosse usine que j'imaginais. Je contactai Watson, lui demandant de vérifier ses dires. Il confirma, nous étions à la bonne adresse. 
Je poussai la petite porte du magasin qui laissait apparaitre un endroit sombre à l'encontre des bijouterie habituelles. Au fond de la boutique, je voyais un vieillard, bossu, sous un long manteau gris, aux mains fines et abimées, au visage ridé recouvert d'une grande barbe blanche . Je m’avançai avec une certaine crainte, avec le sentiment de rencontrer le Dumbledore de la joaillerie.  C'était lui, j'en suis sûre. Je vis des baguettes en argent sur le coté, quelques manuscrits au fond de son magasin entouré de bougies blanches, et surtout, surtout, son chapeau pointu accroché sur un balais qui servait de porte-manteau. Demasqué Papy, rien ne résiste à Mary Holmes. 

Et Dumbledore ne me posa aucune question et ne me laissa pas parler. Il lança, comme une évidence et avec certitude : "Tu es la pour le pendentif, mon enfant ?". Whoua, je vous disais : un magicien. Sans même pouvoir répondre, il continua, et, sans m'en dire davantage, il s’avança et me chuchota "Laisse faire la magie de ce monde mon petit, rentre chez toi et garde précieusement cet objet : Un pendentif est une âme bienveillante".



Je sortis du magasin, porte bonheur serré dans la main, le blottissant parfois même contre mon cœur, ressentant déjà les pouvoirs qu'il m'octroyait. J'étais l'élu, j'avais été choisi par les forces de ce monde pour être protégée. Je marchai jusqu'au métro, oubliant qu'il ne passait toujours pas. Plus rien n'avait d'importance. Puis, rayonnante, j'envoyai un texto à mon frère avec la photo de ce bijou, avec la légende : "Quand un signe du destin s'offre à toi !" Au même moment, je reçu un autre message d'un numéro inconnu. Je m'empressai d'ouvrir et pu lire : "Tu viens d'être la victime de GS boutique : l'un de nos agents a probablement mis dans l'une de tes poches un de nos bijoux ! Félicitation, en étant curieuse et  audacieuse, tu gagnes un bon d'achat d'une valeur de 20 euros dans l'un de nos magasins ! A toi de jouer ! "

Sans même prendre la peine de lire la fin, je mis mon téléphone dans ma poche, et, frôlant une poubelle, y jetai le pendentif. Je renvoyai un message à mon frère en lui notant, accompagné de mon désespoir, "Publicité de merde". Visiblement, il y a encore une part de magie dans ce monde : Comment ont-il pu trouver mon numéro de téléphone ? A découvrir, dans une prochaine enquête de Mary Caine !


2 commentaires:

  1. J aime beaucoup ton écriture, elle est prenante !!! Bravo pour ce joli petit texte

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