vendredi 2 janvier 2015

Lecon n°8 : Dire au revoir à Tintin

Le lendemain du jour de l'an, c'est toujours la galère. OK, pour une fois, j'étais restée sobre : Un restaurant avec Bridget ne vous retourne pas la tête. Et pourtant, ce matin au réveil, c'était bien un bourdon qui butinait mon cerveau encore flageolant de la veille. Le vin c'est trompeur. Ca te fait croire que tu peux boire, goutte par goutte, déguster et ne pas souffrir au petit matin. Mensonge. Le vin c'est le sang du diable.

Et tintin qui était encore là, à attendre devant la porte pour aller inonder les trottoirs de Paris par sa pisse fumante et chaude. Moi, je n'avais qu'une envie, m'enfoncer dans mon canapé, devant un film d'animation, en zappant sur Tinder, profitant de ma nouvelle vie de célibataire. Rien à faire, ce sale cabot commençait à grogner et m’obligeait à enfiler mon vieux jogging pour le libérer de sa crotte. Immédiatement la porte ouverte, le voila dévalant l'escalier, traverser la petite cour, ouvrir de lui même le portail et foncer jusqu'au parc qui se trouvait tout près de mon petit studio.Je couru derrière lui, baskets à moitié enfilées, lacets qui trempaient dans l'eau croupi, quand, d'un coup sec et me coupant le souffle, je percutai un corps fait de muscles saillants et dont l'odeur m'était familière. Et pour cause, étalée sur le sol, je vis la main de Benoit se tendre vers moi pour m'aider à me relever. Benoit, un 1er Janvier, dans le coin de Paris qu'il détestait le plus. Pas de doute, il était là pour moi. J'évitai sa main, lui crachai dedans, et ramassai le quelque peu de dignité qu'il me restait, seule, sans son aide. Il me regarda, lacha un petit sourire en coin et me rejoua l'une des scènes mythiques de love actually.





Tout, il me refit tout : le regret, la tristesse, la prise de conscience, de nouveau le regret, l'avion qu'il a pris en urgence dès l'annonce de la séparation, la course effrénée pour me retrouver et la déclaration d'amour. Il me faisait le grand chlem de l'amour, la danse du paon, le grand blabla de beaux parleurs. Et ca marchait. Moi, en jogging-doudounne, cheveux emmêlés dans un élastique, le visage détruit par le vin de la veille, je marchai, que dis-je, je courrai vers ses promesses qui tout juste émises, s'envolaient déjà. Je l'imaginais, notre bébé dans les bras, notre petit chien en laisse et moi, accrochée à son autre bras. Comment ais-je pu en douter une seconde ? Benoit n'est pas cette imbécile égoiste immature, non, Benoit est cet homme fidèle, attentionné et passionné. Je le regardai, et, la larme à l’œil, m’avançai pour lui déposer un baiser.

Lorsque par surprise, Tintin, que j'avais oublié dès l'instant où j'avais croisé le regard de Benoit, surgit de nulle part et déposa, sur les chaussures en cuir de ce stupide bellâtre, la crotte qu'il avait si bien conservée jusque là. Tintin avait chié sur les bottines à 1000 euros de mon ex. Benoit attrapa Tintin par le collier, le secoua et leva la main prête à s'abattre sur l'animal qui ne bronchait pas. D'un élan de courage, j'interceptai son poignée, l’empêchant de commettre une grave erreur. J’enfonçai mes ongles rongés sur l'autre main qui retenait mon animal et l'obligeai à le relâcher. Puis, je le fusillai du regard, et, au coté du chien qui a changé ma vie, je lui lançai : " Ne t'avises plus jamais de toucher à Tintin." avant d'ajouter, puissante : "Au revoir, Bâtard ! ".

Je le vis s’éloigner, sans même une réflexion, trop fier pour avouer sa défaite. J'attrapai le chien que je considérais à ce moment comme mon héros, une fois encore. A peine allais-je l'embrasser que j’entendis au loin sa maitresse hurler son nom. Il couru la rejoindre, m'oubliant en l'espace d'une seconde et me laissa seule, au milieu de la rue, accroupie comme une malheureuse. Je me relevai, fit signe à sa maitresse que tout allait bien, et je détournai le pas. Quelques mètres plus tard, je vis la petite boule de poil me rattraper, se frotter à moi et, je le jure, il me lança "Tintin, pour vous servir, mademoiselle", avant de repartir, langue pendante. Merci Tintin, merci pour tout.










2 commentaires:

  1. J'aime toujours autant tes petites leçons, continue :) !

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  2. Merci beaucoup :) je ne m'arrete plus hehe !

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